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La branche risques professionnels de l'assurance maladie publie une étude sur les affections psychiques liées au travail.

Cette étude revient en chiffres sur l'impact des troubles psychosociaux en matière AT/MP.

 

Selon l'INRS, les risques psychosociaux correspondent à des situations de travail où sont présents stress et violences internes/externes.

Il convient de distinguer les risques psychosociaux (probabilité de survenue de troubles psychosociaux) et les troubles psychosociaux  eux-mêmes (troubles psychiques en lien avec le travail). Le second étant la conséquence du premier.

Le cadre étant rappelé, l'étude de l'assurance maladie nous apprend que:

  • les troubles psychosociaux sont plus reconnus en AT qu'en MP (rapport de 1 à 20). Cela représente en 2016 plus de 10 000 cas (1,6% de l'ensemble des AT pris en charge). En tenant compte des déclarations d'accidents du travail dont le contenu renvoie à une problématique de risque psychosociaux, sans pour autant générer de lésions psychiques, il faut ajouter 10 000 cas supplémentaires à ces chiffres;
  • la part des affections psychiques dans les accidents du travail est donc passée de 1% en 2011 à 1,6% en 2016. Même si on tient compte d'une baisse de la sinistralité globale, ces chiffres attestent d'une augmentation constante;
  • le taux de reconnaissance de ces accidents du travail liés à des risques psychosociaux est de 70%, contre 93% pour les autres types d'accidents. En considérant que le taux de 93% est anormalement élevé, celui de 70% l'est tout autant dans un schéma où le subjectif l'emporte très souvent dans le processus décisionnel. La différence entre ces deux taux s'explique principalement par l'origine multifactorielle de ces troubles, qui, bien que se manifestant également sur le lieu de travail, peuvent avoir une origine étrangère;
  • s'agissant des maladies professionnelles, les troubles psychosociaux sont à l'origine de 1 100 demandes en 2016 (environ 1 500 en 2017), soit plus de 5 fois plus qu'en 2011;
  • le taux de reconnaissance de ces pathologies est de 50%, contre 20% pour les maladies "classiques";
  • la dépression constitue l'affection majoritairement prise en charge;
  • le coût de l'ensemble de ces risques pour la branche risques professionnels est de 230 M€;
  • les durées moyennes d'arrêt de travail sont de 112 jours en AT et 400 jours en MP. La différence réside probablement dans le fait que l'accident du travail renvoie à un événement brusque et soudain, plus facilement "réparable" qu'une situation de mal-être qui s'installe dans le temps, comme c'est le cas dans la maladie professionnelle;
  • trois secteurs semblent plus concernés par ces problématiques: le secteur médico-social (20%), le transport de voyageurs et le commerce de détail. Les problèmes de moyens et de sous-effectifs, ainsi que le contact avec le public, sont probablement des facteurs aggravants.

Enjeux-et-actions-2018_affections-psychiques-travail.pdf